Des mots pour des maux

Il y a 17 ans jour pour jour, ma mère nous quittait…il y a 17 ans, ma vie prenait un tournant très différent. Pour chacun de nous, il y a des jours plus difficiles que d’autres…pour certains ce sera les jours de fêtes comme la saint valentin ou noël….Pour moi, il y a trois journées précises, qui sont comme du sel sur des blessures qui ne cicatriseront probablement jamais : la fête des mères, le 27 février (date de naissance de mère) et aujourd’hui, le 11 mars (date du décès).

Durant ces journées je ressens toujours un mélange étrange de sentiments…

  • De la tristesse bien sur
  • Des interrogations sur ce qu’aurait pu être notre relation
  • De la crainte sur ce qu’elle penserait de la personne que je suis devenue.
  • De la colère envers moi-même, d’avoir cru que tout était éternel

Mais il y a aussi cette perception du temps très paradoxale, une impression que le temps est à la fois très court et très long. 17 ans !!! C’est loin ! J’ai vécu tellement d’expériences, de joies, de peines, de défis, j’ai l’impression d’être une personne tellement différente de celle de l’époque.

Et en même temps, j’ai l’impression que c’était hier. Je me rappelle de chaque détail de cette journée, les personnes présentes, le temps qu’il faisait, comment j’étais habillé, ce que je ressentais…cette impression de vide…cette incapacité à faire réellement face à la réalité des événements. Et ces mots que je n’ai pas réussi à verbaliser à l’époque :

Hey l’univers, Dieu, les anges, quelqu’un !! Il doit y avoir une erreur !!!

Comment ma mère peut elle mourir !!! Elle n’a que 50 ans !! Je n’en ai que 20 !!

Qui va m’apprendre à me construire en tant que femme !!! Pourquoi je n’ai pas droit à ces discussions pleines de complicité mère/fille que d’autre auront !!!

Comment je vais savoir, tout ce qu’une mère est censé apprendre à sa fille tout au long de son parcours de vie !!

Est-ce que j’ai été si nulle comme fille, que vous m’enleviez ma mère si vite !!

Vous me volez des années là !! Ce n’est pas juste !! J’ai pas eu le temps de me préparer !!

Comment je vais faire! Je ne suis pas assez forte !

En 17 ans, j’ai appris qu’en réalité quelque soit l’âge, on est jamais prêt à affronter cette perte. J’ai appris que rien est acquis ou eternel. J’ai appris que la vie, parfois, ça craint !!

A la grande question, « Est-ce que tu as fait ton deuil ? » je pense que la réponse est non. De toute façon, je n’ai jamais compris ce concept.

Qu’est ce que ça veut dire ? Accepter ? Passer à autre chose ? S’habituer ?

Comment peut-on accepter cela ? Comment peut-on passer à autre chose ? On parle de la perte d’un être cher, une personne avec qui on est lié, par le sang (ou pas), des émotions. Une personne avec qui on a une histoire, un passé et un possible futur… on ne parle pas de la perte d’un objet lambda.

Alors oui, on s’habitue, un jour, la sensation de vide passe au second plan, pour laisser la place à la vie…mais elle ne disparaît pas, c’est à mon sens impossible.

Et puis parfois, ce vide refait surface, dans des journées comme aujourd’hui.

Il est mon compagnon, j’ai appris à le connaître, à l’apprivoiser.

Il y a quelques années, il me m’était KO, aujourd’hui, il m’invite à encore et toujours apprécier ce que j’ai…là, maintenant, toute de suite. Il me rappelle de chérir chaque moment de la vie.

Et dernièrement il m’a appris à être reconnaissante pour ce que j’ai eu la chance de vivre avec ma mère, au lieu de pleurer sur ce que j’aurai pu vivre.

Nous avons tous des parcours de vie différents, mais une chose nous lit…notre histoire a un début, un milieu et une fin…nous ne savons pas à quelle page se trouve le mot FIN…ni pour nous, ni pour les autres. Alors, il faut vivre maintenant.

Il faut profiter de chaque moment, de chaque occasion pour célébrer la vie, SA vie et celle des gens autour de nous.

A bientôt

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4 réflexions sur “Des mots pour des maux

  1. Céline, je comprend ta douleur et partage ta peine pour moi c’est mon père qui est parti j’ai perdu un de mes piliers je reste bancale ……………la peine est toujours là , pas aussi présente qu’au début mais elle se rappelle toujours a mon cœur…………..il faut continuer a vivre et se rappeler les bons moments qu’on a vécu avec ceux qui nous manquent ,aller de l’avant ,je t’envoie pleins de bises réconfortantes. Angie

  2. Céline comme je te comprends,j’avais 22ans,maman 46 et je venais d’accoucher depuis 15 jours quand elle est partie.Oh !Combien de fois j’ai eu et j’aurais encore des conseils à lui demander,des confidences à lui faire….Mais comme tu l’écris si bien,merci maman pour tous ces bons souvenirs avec toi…….

    • peso c’est mon papa et idem , j’allais avoir 20 ans….. ;( je me reconnais donc dans ce que tu dis ….pour toi c’est pire car c’est une femme ( surtout) qui donne la vie … tout comme la  » fille  » après ..qui devient mère à son tour ….
      je t’embrasse scrapalement ( j’adore ce que tu fais ) ( lanath toulousaine ou natalou : des bricoles de natalou 😉 )

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